Vendredi 20 juillet, avant dernière journée du festival

16H - Rendez-vous est donné au coeur du quartier Baltiss.

En cet après-midi de vacances scolaires, les enfants peuvent s’initier gratuitement aux arts du cirque. Alice leur propose cerceaux et rouleaux pour jouer aux équilibristes et de quoi s’essayer au jonglage.

On peut aussi fabriquer des bolas avec Nadine.

Une introduction parfaite au 1er spectacle du jour : du cirque avec la compagnie Cirqmü.

18H – Compagnie Cirqmü

Le terrain de pétanque s'est transformé pour une soirée en piste de cirque. Les enfants, comme toujours pour Émotions de Rue, sont installés aux premières loges, sur la moquette violette. Derrière eux, sur les chaises, les adultes attendent aussi. Il y a du monde, malgré un ciel de plus en plus menaçant.

Quelques difficultés techniques, invisibles aux yeux du public : un problème électrique ... un habitant a même proposé de brancher la sono chez lui.

Heureusement, tout se met en place à temps, et le spectacle peut commencer à l’heure.

Les trente jeunes artistes de Nancy, âgé(e)s de 9 à 14 ans, font escale à Voiron durant leur tournée d'été de trois semaines.

Ils nous offrent une démonstration complète des arts du cirque : échasses, massues, balles de jonglage, portés, acrobaties, monocycle …

Les circassiens sont accompagnés par de jeunes musiciens : saxo, clavier, batterie, guitare, basse, cuivre, flûte …

La compagnie maitrise les arts de la scène : musique live, jeux scénique, comédie, jeu avec le public … Nous avons là affaire à des artistes complets ! Et très professionnels, car le vent souffle, la température baisse et les feuilles volent, mais rien ne vient perturber leur prestation. Bravo à eux !

Le spectacle se termine juste à temps avant que l’orage n’éclate. Le public part un peu précipitamment. Vite, il faut mettre les instruments à l’abri, ranger les chaises et attendre que cela passe.

Pendant ce temps-là, sous le préau de l'école Jules Ferry, le spectacle “Rejoindre le papillon” se prépare, alors que la pluie tombe toujours …
Des sms sont envoyés, pour prévenir les uns et les autres que le spectacle, qui devait se jouer dans le jardin de ville, est maintenu.

20h – « Rejoindre le papillon » par la Compagnie Solsikke

Petit à petit les courageux arrivent, bravant la pluie. Heureusement le vent s’est calmé. L’ambiance est particulière : le ciel est gris, avec quelques trouées lumineuses. Une ambiance calme, propice au spectacle qui va suivre.

Le public a pris place, sur la moquette comme toujours. Cette fois pas de chaises, une demande de la compagnie … mystère ! Sur l’espace scénique, un banc et c’est tout.

Une bande son démarre. Des voix. Des témoignages. On tend l’oreille pour saisir ce qui est dit. Cela parle d’annonce, de ressenti, de “nouvelle” qui vous tombe dessus, de monde qui s’écroule, d’une vie rêvée qui s'enfuit … Dur…

Mais de quoi parle-t-on ? On parle de naissances et d’enfants différents.

Les danseurs entrent en scène, presque hagards. Le jeu des corps commencent. Ils expriment la stupéfaction, la colère, la douleur et la culpabilité de deux êtres qui doivent affronter ensemble et individuellement le choc d’une vie bouleversée. Comment porter l'autre quand soit même on ne tient pas debout ?

Deuxième séquence de témoignages. Les postures changent. La douleur est toujours là, mais les gestes sont moins violents. La résignation. Cette vie particulière à mener coûte que coûte, dans un monde et dans un entourage qui ne comprend pas toujours. Une lutte. Les corps pourraient être ceux du couple comme ceux du parent et de son enfant.

Puis l’acceptation. Une forme de lâcher prise. Comprendre la différence pour mieux vivre avec et ne plus lutter contre. Cette différence fait partie de l’enfant. Elle est l’enfant. Les corps nous montrent que l’espoir est permis, que la vie peut être belle quand même.

Mais les moments difficiles sont encore présents et le seront toujours. Les corps chutent à nouveaux. Il faut savoir demander de l’aide. Cette aide, le public l’apporte aux danseurs qui tendent la main. Ensemble ils se soutiennent et se portent. Avec ce soutien, on retrouve la force nécessaire pour aller plus loin.

Les danseurs, droits, s'éloignent, comme chargés d’une force nouvelle.

Beauté du spectacle vivant et des relations toujours uniques qui se nouent avec les “spéct-acteurs” : une jeune fille “différente” du public les suit, elle veut les accompagner et les aider encore.

Puis ils reviennent tous les trois pour remercier le public.

Une fable émouvante et poétique, sur un sujet dur, mais pleine d’espoir, qui interroge chacun sur sa capacité à affronter les difficultés et sur la place de l’autre et son aide.

Ainsi se termine cette journée de festival, sur une note lumineuse malgré un ciel gris.

 

Amandine Alloncle
Et le club photo de la MJC

 

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