36 silhouettes aux ateliers à Voiron

Les deux premiers ateliers voironnais de "Figures de l'Exil" ont de quoi faire tourner la tête :
36 silhouettes y ont été réalisées pour le festival des Détours de Babel.

Forts de l'expérience réussie de l'an passé avec RESF, les ateliers étaient bien remplis. Des habitués du soutien aux sans-papiers, des personnes sensibles à ce sujet, des adhérents de la MJC, des amateurs et amatrices de peinture et de projets à réaliser en commun... tou-te-s venu-e-s d'ici ou d'ailleurs.

Les silhouettes ont pris forme et couleurs en une après-midi et une matinée, pendant que le plateau radio de lavoixdesgens s'emplissait de témoignages variés sur le thème de l'exil (à écouter en ligne : atelier du samedi 24 janvier /// atelier du mercredi 28 janvier)

Pourquoi être venu ? Quelle signification donner à sa silhouette ? Que peut apporter un tel atelier ?
Chacun sa vision et sa motivation...

Découvrez ici, quelques images, et fragments de témoignages façon micro-trottoir, en plein travaux de peinture...

A noter : le prochain et dernier atelier aura lieu le samedi 28 février de 10h à 17h, non-stop,
à la MJC de Voiron.

 

Je suis venue parce que l'exil était un thème intéressant et parce que j'aime bien la peinture.

Mon regard sur l'exil ne change pas. Quand je peins, oui, j'y réfléchis. C'est la tristesse, la mélancolie, la dureté de ce cheminement qui me passent par la tête. Je vais pas avoir le moral en sortant !

La silhouette que je peins, c'est la dame qui s'en va avec son sac à dos, et qui emporte toute sa vie avec elle. J'aurais même aimé dessiner un petit enfant avec elle. Je pense à des gens qu'on voit à la télé et qui nous impressionnent. Il y a les images, et surtout leur regard. L'exil me touche par ce que je vois à la télé. Je viens d'un pays lointain, mais je n'ai pas vécu ça comme un exil, pour moi c'était un grand voyage. Je retourne là-bas avec plaisir, et je reviens en France avec plaisir aussi. C.

Le sujet ne peut qu'interpeller aujourd'hui, par rapport aux événements actuels qui viennent souligner tous les malaises que l'on peut avoir depuis longtemps. Pour avoir travaillé aussi dans ce genre de sujet fort, j'ai tendance à trouver que c'est bien petit comme action pour faire comprendre aux gens qu'il faut comprendre les autres...

Si on peut participer aux initiatives des autres, c'est déjà énorme. Je trouve assez génial quand les gens sont capables, par des actions de ce genre, d'exprimer des idées d'ouvertures, de tolérance, d'échange.

Pour moi l'étranger est le héros d'aujourd'hui, c'est la personne courageuse, qui pour défendre des idées a été capable de tout laisser, de partir ailleurs et de redémarrer. Peu de personnes aujourd'hui en seraient capables. Il est temps que cela soit un peu mieux vu.F.

On m'a invité à venir passer un moment de temps. Pendant que je peins, je pense surtout à faire du bon travail.A.
Je trouve que c'est une très bonne idée de voir qu'on peut dessiner le monde, que l'on partage tous la tâche, en s'exprimant à sa façon. Chaque personne est différente, mais quitter son pays est particulièrement difficile. Ca fait un pincement au cœur de peindre sur ce thème, c'est assez prenant.C.
L'exil, je n'y avais pas du tout réfléchi avant. Ca fait revivre le monde, chacun son caractère, chacun sa passion. On est tous différents, on n'a pas les mêmes idées, je trouve super de partager cela.V.
Sympathique, très coloré, il y a plein d'enfants. J'ai envoyé plus de 100 mails à mes copains et copines pour leur dire de venir. Certains sont là, mais j'espère que d'autres personnes viendront à d'autres ateliers. C'est une belle expérience à vivre ensemble. T.
Je suis venu par solidarité, et parce qu'on a eu une sensibilisation. Je viens pour passer le temps et être utile. Mon idée sur l'exil ne change pas, je suis passé par là. Je n'ai pas donné de sens à ma silhouette, mais c'est un peu compliqué quand même, j'aurais envie de mettre plein de couleurs !D.
J'ai vu les personnages à la MJC en faisant mes activités et voilà. Je n'avais pas vu au départ que c'était sur l'exil. Et en fait là, ça me fait penser aux camps de concentration, surtout le monsieur avec son violon, j'en suis imprégnée en ce moment, comme c'est l'anniversaire...

C'est le sac qui m'a fait choisir cette silhouette. Ca représente quand même bien l'exil, donc j'avais envie qu'il y ait un gros sac, pour partir avec son petit bazar. Les nuages sont dedans, et aussi dans le pied. C'est pour l'esthétique, pour que ça soit assorti, et le pied en l'air, levé, ça donne du mouvement, ça rappelle la liberté.

Mon regard sur l'exil ne change pas. Ca fait réfléchir, parce qu'on ne se sent pas concerné, mais on pense aux personnes qui le sont. On voit les reportages à la télévision et forcément, ça nous touche. B.

Je suis vraiment à la recherche d'animations en commun. Et l'idée des silhouettes m'a semblé magnifique. Tout de suite j'ai flashé. C'est très fort comme évocation. Sur le thème de l'exil, je n'avais aucune idée, mais en regardant et en discutant avec les uns les autres, ça commence à me poser des questions : à partir de quand commence l'exil et qu'est-ce qu'on emporte avec soi dans l'exil ? Je m'attendais à ce qu'il y ait plus de brassage socioculturel... Les silhouettes grandeur nature, c'est une présence que je ressens très forte.

Dans cette silhouette, j'ai donné un sens sur ce que la personne emporte avec elle, dans la tête et dans les mains, c'est quelque chose de très fort.  Je connais bien sûr des personnes exilées. J'ai souvent été surprise en discutant avec certaines, notamment je me souviens à Paris avec des Africaines qui étaient là avec leurs petits enfants. Moi j'étais très malheureuse d'être à Paris parce que j'étais de la campagne. Et une qui arrivait du Sénégal, de la brousse et tout, je lui disais : « Mais c'est pas trop dur d'être à Paris ? » Elle m'avait dit « Non, je suis là » et ça m'avait estomachée. A partir du moment où elle avait fait le choix, avec son mari je pense, de venir, elle était là et elle vivait avec ce qu'il y avait là. Alors que moi je me disais « Si je peux repartir... ». Mais j'avais la possibilité de repartir et elle je ne pense pas. Moi c'était à durée déterminée mais elle non. Ca m'avait déjà fortement interrogée et ça continue de m'interroger. B.

On est venu aussi parce qu'on aimait bien faire de la peinture et pour que papa nous montre. On savait pas quel thème c'était, mais on a parlé dans les micros [ndlr : lavoixdesgens]. Moi j'ai dit pourquoi j'ai choisi cette silhouette et s'il était vivant qu'est-ce qu'il aurait fait. Moi je savais pas mais après j'ai dit la guitare était bleue et on allait faire les nuages.

On est venu pour l'exposition sur l'exil, donner un coup de main. Personnellement, ça ne m'apporte rien de spécial, je donne un coup de pouce, pour aider l'exposition et ce qu'elle peut apporter. C'est la première fois que je m'intéresse de plus près au sujet disons. L. M. et C.

Ca représente beaucoup de choses, cet atelier et c'est une bonne idée de réfléchir sur cette histoire d'exil. Beaucoup de jeunes, quand ils ont des soucis ou des trucs comme ça avec leurs parents, la première chose qu'ils pensent, c'est partir. Ca représente beaucoup de choses...P.
Je suis venue pour qu'il y ait plus de monde, qu'il y ait plus de silhouettes peintes. Je suis venue avec mon père pour aider à ce que ça se passe et à ce que ça soit mieux. C'était bien, tout le monde se parlait. C'était créatif et j'aime bien les choses créatives.

J'avais travaillé un peu là-dessus en histoire géo et là ça travaille encore plus. Je trouve qu'il faut aider ces gens-là, qu'il ne faut pas qu'ils se retrouvent tout seul. J'essaye d'être libre de ce que je veux faire et de faire passer de la liberté dans mon dessin.C.

Je choisis déjà de mettre les nuages dans le pied, qui permet quand même de marcher, coûte que coûte, et dans la tête, déjà pour avoir décidé qu'on pouvait peut-être arriver à s'en sortir.

Le fait de faire cet atelier avec des personnes diverses permet d'abord de se sentir pas tout seul. Souvent c'est vrai qu'on est un peu désespéré des fois de voir qu'on y arrive pas. Ca m'aide, ça me réconforte et je me dis aussi qu'il faut de plus en plus de personnes pour se regrouper, s'organiser un peu. RESF manque de bras, c'est un appel...E.

L'exil... j'y pense, oui et non. Je pense à une personne exilée, mais aussi à une personne comme moi, qui a vécu... La veste est bleue, avec le ciel. Cette personne-là a porté cette veste longtemps, et a vécu des choses avec cette veste. La veste connaît son histoire, avec cette capuche qui le cache... C'est quelqu'un qui a vécu beaucoup de choses.J.
Je suis venu grâce au bouche-à-oreilles. J'utilise peu la MJC, un peu la salle Atmosphère, donc c'est aussi une façon de participer à la vie de la ville, tous ensemble.

Ce n'est pas l'exil en lui-même qui m'a fait venir particulièrement. C'est peut-être un exil particulier, mais l'immigration, est quelque chose qui nous entoure mais dont on ne perçoit pas forcément les conséquences pour les personnes. C'est un exil qui est sûrement dur à vivre. Peut-être les Chibani maintenant, mais aussi pourquoi pas pour les générations suivantes, il y a sûrement aussi une part d'exil encore dans leur tête. Ces silhouettes on les peint de dos, donc déjà ça donne à réfléchir, on voit que c'est un départ, on laisse quelque chose, mais on va aussi vers autre chose. J-C

Je suis venue par curiosité d'abord. L'exil, c'est quelque chose qui traverse ma vie depuis très longtemps. Ce qui m'intéressait c'était de le voir autrement. Peindre et dessiner laisse le temps de réfléchir. Ca me laisse le temps de voir comment je l'envisage. Cette représentation du dos est-elle vraiment ce que j'en entends ? Et en peignant, on découvre autre chose. En changeant de couleur, en étant sur les bords, je réfléchis à la notion de frontière. Je me suis dit que c'étaient des gens qui étaient tout le temps en frontière de quelque chose. Par exemple.

Je suis quelqu'un qui pense que de faire, ça permet de changer les regards. C'est rigolo parce que j'ai l'impression d'être avec les gens sans y être. J'étais un peu déçue au début, je pensais qu'on allait peindre à plusieurs. Mais finalement c'est une autre façon d'être ensemble. On travaille sur quelque chose que j'appellerais presque de l'ordre du bien commun parce que l'exil concerne tout le monde. Et à la fois on fait un peu comme on a envie, donc on trouve sa part d'individuel là-dedans. Je trouve ça pas mal.

De manière individuelle oui, ça me donne d'autres espaces de réflexion pour savoir comment on pourrait aborder l'exil autrement que tel qu'on le fait actuellement. L'idée est bonne, et qu'il y ait un rendu, ça me paraît très important. C'est pour ça que je suis là aussi, pour mettre ma petite pierre là où il se passe quelque chose. Ca commence par ça.G.

Je suis venue pour le thème et pour participer à une création collective. Je trouve chouette que deux artistes voironnais puissent nous permettre de s'exprimer.

L'exil, je ne connais pas vraiment mais j'imagine que les gens qui se déplacent de leur pays par défaut et non par choix, c'est quelque chose de très difficile à vivre. Et en faisant cette réalisation, j'essaye de penser à ces personnes-là, d'essayer de me mettre dans leur tête, de chercher ce qu'ils peuvent penser quand ils sont obligés de partir pour trouver une vie meilleure, soi-disant.

Au départ je n'étais pas forcément dans la réflexion mais plus dans la rencontre et dans l'échange avec les gens présents ici aujourd'hui. Mais finalement, en peignant, je pense un peu plus fort à ce thème-là. Et je me dis que c'est un bon moyen pour faire avancer les consciences.M.

Ces ateliers m'ont apporté des rencontres, le plaisir de faire de la peinture, sur quelque chose où je n'ai pas trop à réfléchir, où je suis exécutante. Et puis parce que c'est une activité de la MJC. Ca m'a impressionnée, le fait que la MJC s'implique sur une action comme celle-ci. Sur l'exil, ça me permet de réfléchir, d'avancer, de réagir... C'est très amusant, parce que je ne sais pas pourquoi j'ai choisi cette silhouette-là, mais je n'avais pas réalisé que c'était un foulard. Ca me fait gamberger, mais je ne sais pas où j'en suis. Et le ciel bleu, est d'un côté sur le pied, on voit le départ. Et de l'autre côté, dans la jambe, car on voit encore plus ce départ, ça symbolise le rêve de l'idéal, et l'idée du mouvement. A.

 

 

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