Atmosphère à la croisée des chemins (22 novembre)

Sous la neige vendredi soir, la salle Atmosphère offrait un refuge animé pour les spectateurs.

Thé à la menthe et pâtisserie : ces deux incontournables de la soirée orientale ont réchauffé les spectateurs arrivés dès 20h30.

Quelques mains curieuses ont essayé le henné. Presque pas une spectatrice qui ne se soit laissée tenter. Les danseuses ont apprécié ce maquillage pour agrémenter leur démonstration avec Laure, animatrice de l'atelier de danse orientale de la MJC.

Atmosphère soirée orientale01A 21h, le groupe Trio Bassma emplissait la salle de sa musique et de ses chants couleur d'Orient et d'Occident.

Loin d'être à cheval sur ce qu'annonce son nom, le groupe se transforme allègrement en quatuor, parfois en quintet ou en duo, au gré de ses rencontres avec d'autres musiciens et des interprétations de ses morceaux. Vendredi, c'est à quatre, accompagnés d'un régisseur son et d'un manager, qu'ils sont venus réchauffer la salle Atmopshère.

Yannick à la contrebasse, Samuel aux percussions orientales, Chems au chant et à la guitare, Bacem à l'oud... l'ensemble instrumental, assez inattendu, est complice et surprenant. Si le groupe interprète les titres de l'album « A la croisée des mémoires », l'improvisation tient une belle place dans le spectacle. « Comme la voile emporte son bateau, le souffle d'un instrument nous emmène sur des voies que le groupe suit d'un même mouvement », ajoute Samuel.

Leurs mélodies douces et rythmées, poétiques et engagées, simples et raffinées sont les fruits d'un projet d'envergure, intitulé « A la croisée des mémoires ». Il se situe entre collecte, composition,  transmission et engagement. « La base de la musique orientale est l'oralité et le chant a une fonction sociale importante : on chante pour les cérémonies, les mariages, la cueillette des olives... », explique Chems, qui a voyagé en Palestine, notamment pour recueillir des traditions transmises de génération en génération, mais dont il reste peu de trace écrite.

D'une manière générale, la notion d'identité « plurielle » et intemporelle fait le lien entre tous ces musiciens. Le projet conjugue des parcours de vie et de musique variés, pour transmettre une musique émotionnelle, dans une ambiance qui invite autant à la douceur autant qu'à la prise de conscience.

Compositions originales, ou reprises et arrangements de poèmes, la majorité des texte est chantée en arabe. Si les paroles ne sont pas toujours à la portée de tous, le ressenti et la couleur musicale suffisent à transmettre un message émotionnel aussi fort que le sens des mots. Le poète palestinien Mahmoud Darwich, tient une place importante dans l'inspiration du groupe. Car au-delà de la transmission de traditions, il s'agit aussi de refléter et de porter la voix de populations en perpétuel combat. « Le devoir de mémoire se place aussi à ce niveau ,on n'est pas tous égaux face à cela, selon Chems, qui poursuit : on est là pour dénoncer des réalités qui se déroulent sous nos yeux et qui sont acceptées comme si elles étaient normales. C'est une façon de faire de la politique, sans en faire. »

Merci à Sophie Meyer, membre du club photo, pour les clichés de la soirée. Reproduction interdite.

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